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Fiscalité 6 min de lecturePublié le 20 janvier 2026Mis à jour le 15 octobre 2026

Assurance-vie : la fiscalité de votre vivant, rachats et retraits

L'assurance-vie n'est pas une épargne bloquée : vous pouvez retirer tout ou partie de votre capital à tout moment. Ce retrait — un « rachat » — n'est imposé que sur sa part de gains, et selon des règles qui s'adoucissent nettement après huit ans. Bien comprises, elles permettent de percevoir des revenus complémentaires en payant très peu d'impôt.


Tant que vous ne retirez rien, pas d'impôt sur le revenu

Les intérêts, dividendes et plus-values produits à l'intérieur du contrat s'accumulent sans être déclarés. L'impôt sur le revenu n'intervient qu'au moment d'un rachat. Seule exception : sur les fonds en euros, les prélèvements sociaux de 17,2 % sont prélevés chaque année, au fil de l'inscription des intérêts ; sur les unités de compte, ils ne sont dus qu'au rachat. En 2026, l'assurance-vie reste au taux de 17,2 %, alors que la plupart des autres revenus de placement supportent désormais 18,6 %.

Un retrait n'est imposé que sur sa part de gains

Chaque rachat mêle deux éléments : le remboursement d'une partie de vos versements, jamais imposé, et une part de gains, déterminée au prorata. La formule est simple :

gains du rachat = montant retiré × (valeur du contrat − versements) ÷ valeur du contrat

Sur un contrat de 150 000 € alimenté par 100 000 € de versements, les gains représentent un tiers de la valeur. Un retrait de 30 000 € comprend donc 20 000 € de capital et 10 000 € de gains : seuls ces 10 000 € entrent dans le calcul de l'impôt.

Ce qui est taxé dans un retrait de 30 000 € — contrat de plus de huit ans, personne seule
Rachat30 000 € Vos versements20 000 € — non imposés2/3 Gains10 000 €1/3 Impôt sur le revenu5 400 € × 7,5 % = 405 €− 4 600 € Prélèvements sociaux10 000 € × 17,2 % = 1 720 €

Au total, 2 125 € sont prélevés sur un retrait de 30 000 €, soit 7,1 % du montant retiré. L'abattement ne s'applique qu'à l'impôt sur le revenu : les prélèvements sociaux portent sur la totalité des gains.

Avant et après huit ans

L'ancienneté se compte à partir de l'ouverture du contrat, et non de chaque versement : un versement effectué sur un contrat de dix ans profite immédiatement du régime favorable. D'où l'intérêt d'ouvrir un contrat tôt, même avec un faible montant, pour « prendre date ». Pour les versements effectués depuis le 27 septembre 2017 :

Moins de 8 ans8 ans et plus
Abattement annuel sur les gainsaucun4 600 € (personne seule), 9 200 € (couple)
Impôt sur le revenu12,8 % ou barème, sur option7,5 % — 12,8 % pour la part liée aux versements au-delà de 150 000 € — ou barème, sur option
Prélèvements sociaux17,2 %17,2 %, sans abattement

Le seuil de 150 000 € s'apprécie tous contrats confondus, sur les versements qui n'ont pas encore été remboursés au 31 décembre de l'année précédente. L'abattement annuel est lui aussi global : il couvre l'ensemble des rachats de l'année, sur tous les contrats du foyer, et ne se reporte pas.

Comment l'impôt est prélevé

L'assureur retient à la source un acompte de 12,8 % avant huit ans ou 7,5 % après, en même temps que les prélèvements sociaux. L'impôt définitif est calculé l'année suivante, sur la déclaration de revenus : l'abattement y est appliqué et l'acompte excédentaire remboursé. Un foyer dont le revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année est inférieur à 25 000 € (personne seule) ou 50 000 € (couple) peut demander à être dispensé de l'acompte.

L'option pour le barème progressif remplace le taux forfaitaire par votre taux marginal. Elle n'est intéressante que pour un foyer non imposable, ou imposé à 11 % sur un contrat de moins de huit ans — après huit ans, même 11 % reste supérieur au taux forfaitaire de 7,5 % —, et elle est globale : elle s'applique à tous les revenus de capitaux de l'année, dividendes et intérêts compris. Elle rend en contrepartie une partie de la CSG déductible.

Les leviers pour retirer en payant peu

Les versements anciens

Les gains attachés aux versements effectués avant le 27 septembre 2017 conservent l'ancien régime : barème progressif ou, sur option, prélèvement libératoire de 35 % avant quatre ans, 15 % entre quatre et huit ans, 7,5 % au-delà, après le même abattement de 4 600 ou 9 200 €. L'assureur ventile lui-même les gains entre les deux régimes. Sur l'intérêt des contrats anciens, voir l'antériorité fiscale.

Ce qu'il faut retenir

Chiffrer votre cas

Le simulateur calcule la part de gains de votre retrait, l'impôt selon l'option forfaitaire et selon le barème, les prélèvements sociaux, le net perçu, et le montant que vous pouvez retirer chaque année sans impôt sur le revenu.

Sources et pour aller plus loin

Ces éléments sont d'ordre général et pédagogique, à jour des textes publiés au 28 septembre 2026. Ils ne constituent ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement, ni une consultation fiscale. Les activités réglementées de conseil en investissements financiers et de courtage en assurance seront exercées après finalisation de l'immatriculation ORIAS.

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