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International 10 min de lecturePublié le 20 août 2026Mis à jour le 1er octobre 2026

Le régime fiscal en Belgique : ce qu'il faut savoir avant de s'installer

Voisine, francophone en partie et sans impôt sur la fortune, la Belgique attire de nombreux Français. Mais son impôt sur le revenu figure parmi les plus lourds d'Europe, elle taxe depuis 2026 les plus-values sur actifs financiers, et sa fiscalité successorale dépend de la région où l'on s'installe. Quant à la convention fiscale franco-belge, la nouvelle version signée en 2021 n'est toujours pas en vigueur. Ce qu'il faut savoir, règle par règle.


Devenir résident fiscal belge

Est « habitant du Royaume » celui qui a établi en Belgique son domicile — le lieu où il réside effectivement et durablement — ou, à défaut, le siège de sa fortune, le lieu d'où il gère son patrimoine. L'inscription au registre national crée une présomption de résidence, qui peut être combattue. Pour un couple marié ou cohabitant légal, le domicile fiscal est le lieu où le ménage est établi.

Quelle convention s'applique ?

La France et la Belgique ont signé le 9 novembre 2021 une nouvelle convention fiscale. Elle n'est pas entrée en vigueur : le projet de loi de ratification n'a pas été déposé au Parlement français — le gouvernement indiquait encore en février 2025 que des discussions étaient en cours, et une question écrite de mai 2026 constate qu'il ne l'est toujours pas. C'est donc la convention du 10 mars 1964, modifiée par ses avenants, qui s'applique. Pour un résident belge :

Revenu d'un résident belgeOù est-il imposé ?Article
Pension publique françaiseEn France uniquement — sauf bénéficiaire de nationalité belge10
Pension privée française (régime général, Agirc-Arrco)En Belgique uniquement12
Loyers d'un bien situé en FranceEn France uniquement ; la Belgique les exonère, mais en tient compte pour le taux de vos autres revenus3, 19
Dividendes de source françaiseEn Belgique ; retenue en France limitée à 15 %15
Intérêts de source françaiseEn Belgique ; retenue en France limitée à 15 %16
Plus-values sur titresEn Belgique18

Une particularité pèse sur les actifs : depuis l'avenant de 2008, la Belgique calcule sa taxe communale additionnelle sur les revenus professionnels exonérés en vertu de la convention comme s'ils étaient belges. Un salaire perçu et imposé en France supporte donc, en plus, la taxe communale belge.

Si la convention de 2021 entre un jour en vigueur, trois changements compteront : la retenue française sur les dividendes sera limitée à 12,8 % ; la Belgique n'exonérera plus un revenu immobilier français que s'il y est effectivement imposé — une résidence secondaire non louée pourrait alors être taxée en Belgique ; et les binationaux franco-belges verront leur pension publique française imposée en France.

L'impôt des personnes physiques

Le barème belge est progressif, en quatre tranches :

TauxRevenus 2025 (exercice 2026)Revenus 2026 (exercice 2027)
25 %jusqu'à 16 320 €jusqu'à 16 720 €
40 %16 320 à 28 800 €16 720 à 29 510 €
45 %28 800 à 49 840 €29 510 à 51 070 €
50 %au-delà de 49 840 €au-delà de 51 070 €

Chaque contribuable dispose d'une quotité exemptée d'impôt de 10 910 € (11 180 € pour les revenus 2026), imputée au taux de 25 % : elle réduit l'impôt de 2 727,50 €. Elle est majorée pour enfants à charge — 1 980 € pour un enfant, 5 110 € pour deux, 11 440 € pour trois, 18 510 € pour quatre (revenus 2025). Il n'y a pas de quotient familial à la française. S'y ajoute la taxe communale additionnelle, fixée par chaque commune en pourcentage de l'impôt : de 0 % à 9 % en 2026, environ 7,5 % en moyenne.

Revenus mobiliers

L'impôt sur les plus-values financières, nouveauté 2026

Longtemps, la Belgique n'a pas taxé les plus-values réalisées par un particulier sur ses placements. C'est fini : la loi du 6 avril 2026, publiée au Moniteur belge le 21 avril, instaure un impôt sur les plus-values sur actifs financiers avec effet au 1er janvier 2026. Il vise les actions, obligations, fonds, ETF, produits dérivés, contrats d'assurance-vie des branches 21 et 23, crypto-actifs et or d'investissement ; l'épargne-pension et l'assurance de groupe en sont exclues.

CatégorieTauxExonération
Régime général10 %10 000 € par an et par contribuable, avec report possible de 1 000 € par an non utilisé, jusqu'à 15 000 €
Participation d'au moins 20 % d'une société1,25 % jusqu'à 2,5 M€, puis 2,5 %, 5 % et 10 % au-delà de 10 M€1 000 000 € sur cinq ans
Cession à une société que l'on contrôle33 %—

Seules les plus-values nées après le 31 décembre 2025 sont taxées : la valeur de référence est le cours de clôture de 2025 pour les titres cotés, et, jusqu'en 2030, un prix d'acquisition historique plus élevé peut être retenu. Les moins-values s'imputent sur les plus-values de la même catégorie et de la même année. Une banque belge retient d'office un précompte de 10 %, récupérable pour la part exonérée, sauf si le contribuable choisit de déclarer lui-même ; un compte-titres à l'étranger doit, lui, être déclaré. La taxe communale ne s'y applique pas.

Pour un Français qui s'installe, la règle d'arrivée est décisive : la valeur d'acquisition est réputée égale à la valeur des titres au premier jour de résidence en Belgique. Les plus-values accumulées auparavant échappent à l'impôt belge — mais pas forcément à l'exit tax française, due au départ de France au-delà de 800 000 € de titres (voir s'expatrier). À l'inverse, quitter la Belgique est assimilé à une cession, avec report de paiement automatique vers un pays de l'Union européenne ou lié par une convention, l'impôt étant abandonné si les actifs ne sont pas vendus dans les 24 mois.

Un portefeuille de 500 000 € transféré en Belgique, revendu 560 000 €
Achat en France300 000 € Arrivée en Belgiquevaleur retenue : 500 000 €+ 200 000 € :non taxés en Belgique Vente560 000 €+ 60 000 € Impôt belge(60 000 − 10 000) × 10 % = 5 000 €

La plus-value acquise avant l'arrivée relève, le cas échéant, de l'exit tax française. Calcul illustratif, une seule cession dans l'année, sans report d'exonération.

La taxe sur les comptes-titres

Sans impôt sur la fortune, la Belgique taxe les comptes-titres dont la valeur moyenne dépasse 1 million d'euros. Son taux est passé de 0,15 % à 0,30 % pour les périodes de référence se terminant à partir du 1er juin 2026.

Immobilier

Un bien loué en Belgique à un particulier qui l'habite n'est pas imposé sur le loyer réel, mais sur son revenu cadastral indexé, majoré de 40 %, ajouté aux autres revenus — souvent bien moins que le loyer. L'habitation propre n'est pas imposée à l'impôt sur le revenu, mais supporte, comme tout bien, le précompte immobilier perçu par la région. À l'achat, les droits d'enregistrement diffèrent selon la région :

RégionTaux normalHabitation propre et unique
Flandre12 %2 % depuis 2025 — pour une personne physique ne possédant pas d'autre logement, qui s'y domicilie dans les trois ans
Wallonie12,5 %3 % depuis 2025 — résidence principale dans les trois ans, maintenue trois ans
Bruxelles12,5 %Abattement de 200 000 € si le prix ne dépasse pas 600 000 € — soit jusqu'à 25 000 € d'économie

Successions et donations : tout dépend de la région

Les droits de succession sont régionaux, déterminés par le dernier domicile du défunt. En ligne directe et entre partenaires :

Une donation de biens meubles taxée au taux réduit, comme ci-dessus, permet souvent de transmettre à moindre coût — un levier propre à la Belgique. Côté français, une convention franco-belge en matière de successions existe : elle répartit le droit d'imposer, notamment pour les immeubles, qui restent taxables dans l'État où ils sont situés.

Le régime des impatriés

Un salarié ou dirigeant recruté à l'étranger, ou détaché au sein d'un groupe, peut bénéficier du régime des impatriés si sa rémunération brute dépasse 70 000 € par an (75 000 € jusqu'en 2024). Son employeur peut alors lui verser une indemnité forfaitaire exonérée de 35 % de sa rémunération, sans plafond depuis la loi du 18 décembre 2025, plus le remboursement de certains frais de déménagement, d'installation et de scolarité. Le régime dure cinq ans, prolongeable trois ans. Mais il exige de ne pas avoir, dans les soixante mois précédents, été résident belge, été imposé en Belgique comme non-résident sur des revenus professionnels, ni résidé à moins de 150 km de la frontière belge — une condition qui écarte une bonne partie des Hauts-de-France et du Grand Est. La demande est faite par l'employeur dans les trois mois de l'entrée en fonction.

Pensions et cotisations sociales

Les pensions sont imposées au barème progressif, avec une réduction d'impôt spécifique calculée automatiquement ; le Service fédéral des pensions retient en outre une cotisation maladie de 3,55 % et une cotisation de solidarité. Côté cotisations sociales, un salarié cotise 13,07 % de son salaire brut ; un indépendant à titre principal 20,50 % de son revenu professionnel jusqu'à 75 024,54 €, puis 14,16 % jusqu'à 110 562,42 €, et rien au-delà (2026).

Résident belge, revenus français : ce que vous devez à la France

Les loyers d'un bien conservé en France y restent imposés, selon les règles des non-résidents : barème avec un taux minimum de 20 %, puis 30 % au-delà de 29 579 € (revenus 2025), ou taux moyen sur option, et prélèvement de solidarité de 7,5 % seulement si vous êtes affilié à la sécurité sociale belge. La Belgique les exonère, mais les retient pour calculer le taux de vos autres revenus. Une pension publique française reste imposée en France — sauf si vous êtes de nationalité belge —, avec une retenue à la source ; une pension privée l'est en Belgique.

Ce qu'il faut retenir

Chiffrer vos revenus français

Le simulateur calcule l'impôt et les prélèvements sociaux dus en France sur vos loyers français une fois installé à l'étranger, au taux minimum ou au taux moyen.

Sources et pour aller plus loin

Ces éléments sont d'ordre général et pédagogique, à jour des textes publiés au 1er octobre 2026, à partir de sources officielles françaises et belges. Le droit belge distingue l'État fédéral et les régions, et plusieurs réformes sont en cours : chaque situation doit être vérifiée au moment du projet, idéalement avec un conseil établi en Belgique. Ils ne constituent pas un conseil personnalisé.

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