Point marché — 3ᵉ trimestre 2026

Le pétrole reprend la main sur les taux

Un record du CAC 40 à 8 755 points, puis un repli net vers 8 157. Entre les deux, le détroit d'Ormuz fermé, le Brent au-dessus de 100 dollars, une BCE qui resserre encore et une dette française qui décroche. Le trimestre où l'inflation a repris le contrôle du calendrier monétaire.

Publié le 20 septembre 2026

Les chiffres du trimestre

Actions

France — CAC 408 157 ptsrecord à 8 755 en cours de trimestre
Europe — Stoxx 600+11 %depuis le 1ᵉʳ janvier
États-Unis — S&P 500+13,7 %depuis le 1ᵉʳ janvier
États-Unis — Nasdaq+14,5 %depuis le 1ᵉʳ janvier
États-Unis — Dow Jones+12,4 %depuis le 1ᵉʳ janvier
Japon — Nikkei 225Record historiqueatteint en juin, structure haussière intacte
Chine, Hong Kong — Hang SengEn retraitsous-performance face aux pairs régionaux
Émergents — MSCI EM+23,4 %depuis le 1ᵉʳ janvier, début septembre
Afrique — MSCI EFM Africa hors Afrique du Sud+14,33 %depuis le 1ᵉʳ janvier, au 31 août

Obligations et taux

OAT 10 ans> 4,50 %seuil franchi le 14 septembre
Spread OAT / Bund> 100 pble 18 septembre, contre ~60 pb fin mai
BCE — taux principal2,50 %relevé le 10 septembre
FedHausse anticipéeprobabilité de 86 % pour 25 pb

Immobilier

Logements anciens — France−1,0 %sur un an au 2ᵉ trim. (Notaires-Insee)
dont appartements−0,1 %quasi stables
dont maisons−1,3 %le repli se concentre ici
Crédit 20 ans3,27 %en août, contre 3,17 % en décembre — Crédit Logement/CSA
Immobilier coté — SIIC~8 % brutrendement moyen distribué, ~5,5 % net après PFU

Devises et actifs numériques

EUR / USD1,1476−2,25 % depuis le 1ᵉʳ janvier
Bitcoin80 861 $loin de ses records, marché sans direction
Ethereum2 501 $
BNB805 $+44 % sur la période mesurée, 4ᵉ capitalisation

Actions — l'Europe tient, les États-Unis mènent, la Chine décroche

Le CAC 40 inscrit un record historique à 8 755 points avant de refluer vers 8 157. Le Stoxx 600 progresse de 11 % depuis janvier, DAX, CAC et FTSE MIB ayant tous touché des sommets historiques cette année. Aux États-Unis, le S&P 500 gagne 13,7 %, le Nasdaq 14,5 % et le Dow Jones 12,4 %.

L'Asie est le compartiment le plus dispersé. Le Nikkei 225 a touché un record en juin et conserve une structure haussière ; le Hang Seng, lui, reste en retrait de ses pairs régionaux. Les émergents pris dans leur ensemble signent la meilleure performance de l'univers actions : +23,4 % pour le MSCI EM depuis janvier. L'Afrique suit avec +14,33 % au 31 août sur le MSCI EFM Africa hors Afrique du Sud — un compartiment étroit, peu liquide, à manier avec des montants adaptés.

L'enseignement du trimestre n'est pas le niveau des indices mais leur dispersion. Une allocation actions purement européenne aura raté l'essentiel de la performance mondiale de l'année.

Obligations — la France paie sa signature

C'est le fait marquant du trimestre. Le rendement de l'OAT à 10 ans franchit 4,50 % le 14 septembre, et le spread contre le Bund allemand dépasse 100 points de base le 18 septembre, contre environ 60 pb fin mai et 85 pb mi-août. La dérive des finances publiques n'est plus un sujet d'analystes : elle se paie au comptant, chaque trimestre, sur le coût de la dette.

La BCE a relevé son principal taux directeur à 2,50 % le 10 septembre, révisant ses prévisions d'inflation à la hausse pour 2027 et 2028 et sa prévision de croissance à la baisse pour 2026 et 2027. La Fed est attendue sur une hausse de 25 points de base avec une probabilité de 86 %. Le cycle de détente espéré en janvier n'a pas eu lieu : c'est l'inverse qui se produit.

Pour un épargnant, la conséquence est directe : les obligations souveraines françaises redeviennent rémunératrices, mais le mouvement qui les a rendues attractives a d'abord fait perdre de la valeur à celles détenues en portefeuille.

Immobilier coté et physique — deux marchés, deux logiques

L'indice Notaires-Insee publié le 8 septembre donne les prix des logements anciens en baisse de 1,0 % sur un an au deuxième trimestre. Les appartements résistent (−0,1 %), les maisons décrochent (−1,3 %). Mais cette baisse ne se transforme pas en pouvoir d'achat : le taux moyen sur vingt ans atteint 3,27 % en août selon l'Observatoire Crédit Logement/CSA, contre 3,17 % en décembre. Sur 200 000 € empruntés sur vingt ans, la mensualité augmente d'environ 10 €, soit près de 2 400 € d'intérêts supplémentaires sur la durée du prêt — l'équivalent d'une baisse de 1 % sur un bien de 240 000 €. L'effet ciseau annule le gain sur le prix.

L'immobilier coté raconte autre chose. Les SIIC distribuent en moyenne près de 8 % brut, soit environ 5,5 % net après prélèvement forfaitaire unique — une rémunération que le marché n'accorde jamais gratuitement. Elle rémunère une volatilité de valeur liquidative sans commune mesure avec celle d'un bien détenu en direct, et une sensibilité immédiate aux taux longs qui sont précisément en train de monter.

Non coté — la prime existe, le prix d'entrée aussi

Sur longue période, un indice global de private equity a délivré une performance annuelle supérieure à celle du MSCI World — de l'ordre de 12,3 % contre 7,8 % sur 2006-2024. Cet écart est réel, mais il se paie en liquidité : un fonds fermé immobilise le capital huit à douze ans, à travers un cycle de levée, d'investissement, de création de valeur puis de cessions.

Dans un environnement de taux qui remontent, deux points méritent attention. Le coût de la dette d'acquisition pèse sur les opérations à effet de levier, cœur du métier. Et les distributions ralentissent quand les cessions deviennent difficiles : un engagement pris aujourd'hui doit être calibré sur une durée réelle, pas sur la durée affichée.

Devises et actifs numériques

L'euro s'est déprécié de 2,25 % face au dollar depuis le 1ᵉʳ janvier, à 1,1476, après avoir culminé à 1,2075 le 27 janvier et touché 1,1325 le 24 juin. Pour un portefeuille exposé aux actions américaines, cette dépréciation a mécaniquement amélioré la performance en euros — un vent favorable qu'il serait imprudent de confondre avec une bonne sélection de titres.

Les actifs numériques restent sans direction claire. Bitcoin s'échange autour de 80 861 dollars et Ethereum autour de 2 501 dollars, loin de leurs records, les intervenants n'accordant qu'une faible probabilité à un retour sur les sommets en 2026. BNB fait exception avec environ 805 dollars et une progression de 44 % sur la période mesurée, au quatrième rang des capitalisations. Ces actifs n'ont leur place dans un patrimoine structuré qu'à une condition : un montant dont la perte totale resterait sans conséquence sur le projet de vie.

Contexte géopolitique

La confrontation entre Israël, les États-Unis et l'Iran s'installe dans la durée. La fermeture du détroit d'Ormuz par l'Iran a immédiatement perturbé les livraisons mondiales de pétrole et de gaz naturel liquéfié ; le Brent atteint 98 dollars le baril, le WTI 93 dollars, et le gaz européen son plus haut niveau depuis novembre 2022, à 77 euros le MWh. L'ouverture d'un front libanais élargit encore le périmètre du conflit.

L'effet sur les patrimoines ne passe pas par les valeurs pétrolières mais par une chaîne simple : énergie, donc inflation, donc taux, donc valorisations. La Direction générale du Trésor attend une croissance mondiale ralentie à 3,0 % en 2026 après 3,4 %, précisément du fait de ce conflit.

En arrière-plan, la relation entre les deux premières puissances mondiales reste structurée par les rivalités commerciales, la compétition technologique et les tensions indo-pacifiques. Le protectionnisme américain n'est pas un épisode : c'est devenu une donnée d'allocation.

Trois points de vigilance pour le trimestre à venir

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La synthèse de ce point marché tient en une page A4, chiffres et points de vigilance compris.

Sources

  • Banque centrale européenne, décision du 10 septembre 2026 ; Indice Notaires-Insee, publication du 8 septembre 2026 ; Observatoire Crédit Logement/CSA, taux de crédit immobilier de août 2026 ; Agence France Trésor et données de marché obligataire, septembre 2026 ; Euronext, S&P Dow Jones Indices, MSCI ; Direction générale du Trésor, note de conjoncture de septembre 2026 ; Réserve fédérale américaine, taux de change H.10 ; données de marché sur actifs numériques au 22 septembre 2026.

Document d'information générale. Ce point marché ne constitue ni un conseil en investissement, ni une recommandation personnalisée, ni une incitation à acheter ou à vendre. Il ne tient compte d'aucune situation particulière. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les activités réglementées de conseil en investissements financiers seront exercées après finalisation de l'immatriculation ORIAS.

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