Le CAC 40 inscrit un record absolu en début d'année, mais la BCE ne bouge pas et relève ses projections d'inflation. Le marché a acheté une détente monétaire que la banque centrale ne confirme pas — l'écart est le principal risque du trimestre.
Publié le 20 mars 2026
| France — CAC 40 | Record absolu | atteint en début d'année |
|---|---|---|
| France — CAC 40 | +0,6 % | sur le seul mois de mars |
| Europe | Sommets historiques | DAX, CAC et FTSE MIB |
| BCE — facilité de dépôt | 2,00 % | inchangée le 19 mars |
|---|---|---|
| BCE — refinancement | 2,15 % | inchangé |
| BCE — prêt marginal | 2,40 % | inchangé |
| Inflation zone euro | 2,6 % | projection BCE pour 2026, révisée en hausse |
| EUR / USD | 1,2075 | plus haut de l'année, le 27 janvier |
|---|---|---|
| EUR / USD | 1,1750 | niveau d'ouverture au 1ᵉʳ janvier |
Le trimestre s'ouvre sur un record historique du CAC 40, suivi d'une consolidation : mars ne rapporte que 0,6 %. Les grands indices européens — DAX, CAC, FTSE MIB — touchent des sommets historiques, portés par l'anticipation d'une baisse des taux.
Cette anticipation est le point faible du trimestre. Le marché a payé par avance un assouplissement monétaire dont la banque centrale ne donne aucun signal.
Le Conseil des gouverneurs du 19 mars laisse les trois taux directeurs inchangés : dépôt à 2,00 %, refinancement à 2,15 %, prêt marginal à 2,40 %.
Plus significatif que la décision elle-même : la BCE relève ses projections d'inflation pour 2026, à 2,6 % en moyenne, en raison du renchérissement de l'énergie lié au conflit au Moyen-Orient. Une banque centrale qui révise l'inflation à la hausse ne prépare pas une baisse de taux.
Les conditions de financement se stabilisent sans s'améliorer. Tant que la BCE ne desserre pas, les barèmes bancaires n'ont aucune raison mécanique de baisser.
Le marché reste à deux vitesses : les biens de qualité, bien situés et conformes aux exigences énergétiques se négocient normalement ; les autres subissent des décotes que les indices agrégés ne montrent pas.
L'euro touche son plus haut de l'année à 1,2075 dollar le 27 janvier, après avoir ouvert l'exercice à 1,1750. Un euro fort pénalise mécaniquement la performance en euros des portefeuilles exposés aux actions américaines — l'effet s'inversera au second semestre.
Le conflit au Moyen-Orient est déjà, à ce stade, le principal déterminant des anticipations d'inflation européennes. C'est par ce canal — énergie, inflation, taux, valorisations — qu'il atteint les patrimoines, et non par les valeurs du secteur pétrolier.
La loi de finances pour 2026, promulguée en février, appelle trois lectures : le relèvement de la fiscalité des revenus de capitaux mobiliers, la pérennisation de la contribution différentielle sur les hauts revenus, et le maintien — malgré les amendements discutés — du régime successoral de l'assurance-vie.
La synthèse de ce point marché tient en une page A4, chiffres et points de vigilance compris.
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